Mes voisins de chambre
Mes voisins de chambre

Mes voisins de chambre

Un hôpital est un lieu où il se passe toujours mille et une choses. Et souvent, ce sont les patients qui sont à l’origine de ces histoires et évènements qui provoquent parfois des interactions intéressantes avec le personnel médical.

Même si on ne discute pas directement avec eux, et même si on ne fait que les croiser furtivement à travers entrebâillement de la porte de la chambre, on arrive à entendre et comprendre certaines choses.

Ainsi, j’ai eu Amanda (le prénom a été modifié), M. Le fugitif, M. Le crieur, Mme Ne veut rien faire et Mme La douloureuse.

Évidemment, je ne parlerai pas de leur condition médicale ni de leur pathologie. De toutes façons, à part une ou deux bribes d’informations, je n’en sais rien.

Alors, Amanda, la seule dont je connaisse le prénom, a un problème récurant avec le fait de faire sa toilette : elle ne veut pas. Donc, tous les matins, c’est le même cirque avec des menaces d’interdiction de sortie de sa chambre si elle ne se lave pas et ne s’habille pas. Elle refuse généralement 3 à 4 fois et, sous la pression des menaces, accepte et finalement s’exécute. Le pire, c’est qu’à près ce manège, elle dit être heureuse de s’être lavée, habillée et pomponnée. Après, bien sûr, elle se promène dans les couloirs durant quelques minutes.

M. Le fugitif est le roi de la poudre d’escampette ! Il essaye plusieurs fois par jour de sortir, non pas parce qu’il est à l’hôpital, mais parce qu’il croit ne pas y être et qu’il a des rendez-vous. Souvent il dit qu’il veut aller à Rungis et pense qu’il se trouve à Melun, le tout en région parisienne. Peut-être travaillait-il aux halles de Rungis ? Quoiqu’il en soit, toutes ses tentatives se sont soldées par un échec. Il faut dire que M. Le fugitif est plus lent qu’un escargot et fini très souvent allongé par terre (sans se blesser). J’ai moi même participé à une arrestation de haut vol lorsque M. Le fugitif a tenté de passer discrètement devant ma porte à quatre pattes en direction du service Rumatologie, la sortie étant dans le sens inverse. Je suis donc allé prévenir les autorités compétentes à la vue du délit en cours.

M. Le crieur n’est pas content, on ne sait pas pourquoi, et le faire savoir de manière audible. Sa méthode de protestation est de crier ou plutôt d’émettre un râle court et profond. Parfois j’ai l’impression que des « noms d’oiseaux » fusent en lieu et place des râles. À vérifier ! Il faut savoir que quand je suis arrivé, il y avait deux crieurs et, parfois, ils s’interpellaient en râlant et se répondaient.

Mme Ne veut rien faire… ne veut rien faire. Par exemple, elle crie pour appeler les aidés-soignantes et/ou les infirmières pour qu’elles éteignent ou allument les lumières de la chambre sachant qu’elle a à portée de main la télécommande qui permet de le faire, mais aussi qui permet d’appeler les infirmières. Par contre, elle utilise bien le bouton d’appel pour demander l’heure au personnel sachant  qu’elle a un smartphone à côté d’elle. Impossible de savoir si c’est de la mauvaise volonté ou autre chose.

Enfin, Mme la douloureuse a tout le temps mal quelque part et le fait savoir à tout le service. À tel point qu’elle fait passer M. Le crieur pour un aphone. Et, chose extraordinaire, une nuit, M. Le crieur s’est plaint de Mme la douloureuse et de ses cris qui l’empêchent de dormir… 🤔

Voilà pour ceux qui m’ont marqué jusqu’à présent. J’aurai peut-être d’autres voisins d’ici ma sortie, qui sait ?

Je tiens à préciser que je juge pas et que je ne fais que relater des faits que je trouve cocasses. De même, la photo en tête d’article est la photo de ma chambre et que c’est pour cela que je l’utilise. J’aurais très bien pu utiliser une photo issue d’une banque d’images, mais ayant cette photo sous la main c’était plus simple.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.